BULLETIN

 

ADFE-Athènes

 

            

 

Septembre-Octobre 2005

 

 

 

Il paraît qu’au mois d’Août il n’y a pas d’actualité parce que les journalistes ont droit à des vacances. Les chefs d’état aussi d’ailleurs. Il faut croire que la météo n’a rien compris aux agendas officiels puisqu’au mépris de toute perspective politique, elle a englouti la Nouvelle Orléans.

Un cyclone de plus pourtant, même s’il était le plus fort depuis quarante ans. Mais que s’est-il passé depuis quarante ans pour qu’à cette époque la ville ne fut pas engloutie, et qu’aujourd’hui elle l’a été ? D’habitude (depuis des siècles) on progresse dans la défense contre l’adversité naturelle. La technologie permet des prouesses comme aller dans la lune ou cloner des brebis. Il est vrai que tous les pays ne sont pas aussi bien développés. Le Bengla Desh par exemple souffre d’inondations chroniques à chaque mousson, mais il est vrai que c’est un pays pauvre qui n’a pas les moyens des Hollandais par exemple, pour endiguer le delta du Gange comme l’est le delta du Rhin. Les Etats-Unis sont-ils un pays sous-développé ? Cette question attend le tollé général... Le tollé passé, il est peut être temps de se rappeler que le développement n’est pas synonyme de croissance. Il suppose une organisation du pays justement pour que les damnées contingences naturelles et les hasards du genre météorologiques ne viennent rappeler aux citoyens heureux qu’ils peuvent n’être que fourmis devant un tuyau d’arrosage. L’organisation d’un pays pour faire face aux adversités naturelles (sécheresse, famine, pandémie) est le but premier du développement. Les Egyptiens anciens l’avaient compris depuis plus de 5.000 ans qui avaient organisé le pays pour que les surplus de récolte soient stockés en sécurité en vue de la prochaine année de vaches maigres. La base de l’existence de l’Etat est l’existence de systèmes de sécurité collective pour tous les citoyens, surtout ceux d’un état moderne. Tous les états organisés qui n’ont pas investi suffisamment ou qui ont cessé d’investir dans ces moyens de sécurité collective ont tous fini par se sous développer, et le signal du début du sous développement est le détournement de l’argent pour ces investissements vers les dépenses militaires ou policières, en donnant l’illusion que la menace sur la vie du citoyen vient d’abord du citoyen d’en face. Un bon exemple de clairvoyance dans ce sens a été donné par la politique de décolonisation adoptée par la France, rapatriant des fonds qui auraient été destinés aux guerres coloniales interminables.

Pour en revenir aux USA, le collectif y étant diabolique, on est bien obligés de voir dans la catastrophe de la Nouvelle Orléans que ce pays s’est trompé de diable, à moins que ce dernier ne soit tout simplement noir et pauvre.

 

La rédaction

Rédaction

Frédéric BENDALI : 210 69 98 132 frej@otenet.gr

Tiana KRAUSS : 210 36 11 518 tjana@otenet.gr

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Thessalonique: Françoise AVGERI: 2310 31 10 83 fravgeri@hotmail.com

 

 

Sommaire

Page 1 : A la une

Page 2 : Nos rencontres ; La vie des Français de Grèce et de l’étranger : Comment voter pour l’Assemblée des Français à l’Etranger?

Page 3 : Vie politique : Chirac et la Bombe ; La France ruinée par le clientélisme de la droite

Page 4 : Livres : Le libéralisme n'a pas d'avenir

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Nos rencontres

 

Le 29 Septembre dernier à l’Institut Goethe d’Athènes eut lieu la conférence de Juliana Sgrena, la journaliste italienne qui fut enlevée en Irak par des rebelles, puis libérée à travers un déluge de balles américaines. Nos efforts pour que Florence Aubenas ait été à ses côtés ont été vains. En effet, nous avions tenté ainsi que l’Institut Poulandzas et même le Monde Diplomatique, de la joindre pour l’inviter à Athènes, mais nous n’avons eu que le silence. Elle n’est même pas allée à Ithaque où elle était invitée par le Maire pour recevoir, avec Juliana Sgrena, la citoyenneté d’honneur de cette ville. Qu’est-elle devenue ?

 

 

 

La vie des Français de Grèce et de l’étranger

 

A partir du 1er janvier 2006, il n’existera plus qu’une seule liste électorale appelée

 

Liste électorale consulaire

 

Cette liste sera issue de la fusion de la  liste du centre de vote et de la liste électorale A.F.E. (ex CSFE).

 

1 - Si vous êtes inscrit au registre des Français établis hors de France (ex immatriculation consulaire, facultative), sauf objection de votre part, vous êtes inscrit sur l’une des deux listes électorales existantes. La fusion de celles ci vous transfert automatiquement sur la liste électorale consulaire.

 

2 – Si vous êtes inscrit sur l’une ou les deux listes électorales (centre de vote et/ou A.F.E.) le transfert sur la liste électorale consulaire est automatique.

 

3 – Si vous n’êtes pas inscrit

-         au registre des Français établis hors de France

-         sur la liste électorale de centre de vote

-         sur la liste électorale A.F.E. (ex CSFE)

 

pour voter en 2006, vous avez la possibilité dès à présent de vous inscrire sur la liste électorale consulaire mais attention, clôture de cette liste

 

le dernier jour ouvré* de décembre

 

*   *   *

 

Les jeunes Françaises et Français remplissant la condition d’âge exigée (18 ans) pour être électeur, après la clôture de la liste électorale consulaire et avant le 31 mars de l’année en cours peuvent demander leur inscription sur cette liste au plus tard le dernier jour ouvré de décembre.

 

Si votre inscription au registre des Français établis hors de France est arrivée à échéance et que vous n’ayez pas demandé le renouvellement, il se peut que vous soyez considéré comme ayant quitté la circonscription consulaire. Assurez-vous alors que votre inscription sur l’une des listes électorales est maintenue.

 

*   *   *

 

* dernier jour travaillé de décembre, variable en fonction des usages locaux.

 

 

 

Vie politique

 

Il y a dix ans, en Juin 1995, notre nouveau président, Jacques Chirac, s'ouvrait à l'international en annonçant la reprise des essais atomiques français, juste pour le cinquantenaire d'Hiroshima et, cerise sur le gâteau, chargeait Juppé de passage en Inde de tancer ce pays qui rechignait à signer le protocole de non-prolifération des armes atomiques !

Maladroite recherche de grandeur gaullienne, inutilement onéreuse et dangereuse (on commence à le constater), qui a soulevé un énorme tollé et terni de manière durable  l'image de la France sans qu'il s’en soucie.

De fait les réactions en France furent assez molles et rares furent les Français qui comprirent la cécité congénitale de leur président à l'évolution mondiale ; ils allaient en voir bien d'autres … notamment son extrême habilité politicienne à survivre à ses innombrables gaffes, à changer de discours et finalement à écarter tous ses concurrents.

Pas besoin de se fatiguer la mémoire. Ne vient-on d'admirer la transformation de Chirac, au fil des sondages, d'orgueilleux promoteur d’un plébiscite sur la Constitution européenne, destiné à lui ouvrir tout grand un 3ème mandat présidentiel, en simple assistant, dévoué mais irresponsable, d'un nécessaire référendum dévolu à l'autorité populaire.  Et mieux encore, devant l'échec, l'étonnante invention d'atteler à la tête du gouvernement deux présidentiables, ennemis intimes, dans le but (à peine voilé) que ces concurrents dangereux se neutralisent d'ici 2007...et lui laissent la place…

…un Avril 2002 nouvelle version !  Où Sarkozy prendrait pour nous la place de Le Pen !  Invraisemblable ? Pas si sûr, avec une droite qui se radicalise et des gauches qui n'en finissent pas de se quereller.....est-ce vraiment impossible ?

Espérons bien fort que celles-ci auront su se retrouver... rafraîchies... d'ici là.

 

Bernard (Juin 2005)

 

 

 

La France ruinée par le clientélisme de la droite

La France va mal.


Nombre de Français établis à l’étranger et venus en vacances cet été l’ont constaté : toujours plus de chômeurs dans leur voisinage et leur famille, des jeunes diplômés découragés d’envoyer leurs CV comme une bouteille à la mer, des Français de plus en plus pessimistes sur leur avenir.
Après trois ans et 100 jours du régime prescrit par les docteurs Raffarin et Villepin -  diète sévère infligée au peuple, suralimentation des portefeuilles des citoyens les plus riches -, la France effectue sa rentrée 2005 sous les plus mauvais auspices. Tous les indicateurs sont au rouge : recul de la production industrielle (- 0.7%), dégradation du commerce extérieur (- 0.3 point du PIB au 1er trimestre), faillites d’entreprises à un niveau record (plus de 40 500 en 2004, et en hausse de 5% au 1er trimestre 2005), sous-emploi dans le cadre du temps partiel imposé le plus souvent aux femmes, explosion du nombre de Rmistes du fait de l’arrivée des chômeurs en fin de droits, près de 25% de jeunes de moins de 25 ans sans emploi. Le pouvoir d’achat des salariés stagne, alors que les revenus du patrimoine ne cessent de progresser.


L’environnement international est-il la cause de cette débâcle ? Absolument pas.


En 2004, la progression de la croissance mondiale a été de 4.6%, celle de la France de 2.5%. En 2005, il n’est pas certain que la France atteigne une croissance de 1.5% : pour la première fois depuis 1998 la croissance française est inférieure à celle de la zone euro. La France ne sait plus tirer profit de ses échanges internationaux. Les Français, ces fainéants que la droite se promettait de remettre au travail, en démantelant les 35 heures, sont de plus en plus contraints à l’inactivité, voués à la pauvreté ou la gêne : la moitié des Français ont un revenu disponible mensuel inférieur à 1250 euros, et les 10% les plus pauvres vivent avec 874 euros quand une chambre de bonne à Paris se loue 400 euros.


Disons-le sans ambages : les gouvernements Raffarin et Villepin portent la responsabilité de ce désastre.


Leur politique se résume à du clientélisme, en faveur de 10% des Français les plus riches et non des classes moyennes comme ils le prétendent. Pierre Méhaignerie (UMP) fait les comptes : avec les baisses de l’impôt sur le revenu « nous avons perdu 7 milliards d’euros, dont 80% au bénéfice des deux tranches supérieures (de contribuables) ». La Cour des Comptes estime que les allégements de cotisations sociales consenties aux entreprises (17 milliards d’euros) ont eu un « impact incertain sur la réduction du chômage ». Délicat euphémisme : l’effet a été nul. Pendant ce temps-là, la recherche et l’université s’étiolent par manque de financement, les services publics n’ont plus les moyens de fonctionner (voir nos consulats).

La droite gouverne mal.

 
Elle fait moins bien que la gauche, parce qu’elle ne gouverne pas en pensant à l’intérêt du plus grand nombre, mais à celui de sa clientèle. Les réussites du gouvernement de Lionel Jospin en matière de créations d’emplois, de stimulation de l’activité économique, de la recherche, de justice fiscale et de bonne gestion des deniers publics, sont la preuve que la gauche sait allier l’objectif de justice sociale avec l’efficacité économique.

 Le 4 octobre toute la France s’est mobilisée* pour manifester son refus d’une politique au service des plus favorisés. Et en 2007, sur la base des options qui recueilleront une majorité au Congrès du Mans, et après négociation avec toutes les composantes de la gauche, nous sortirons la France de l’ornière !

 

Monique Cerisier-ben Guiga
Sénatrice socialiste des Français hors de France
Vice Présidente de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées

 

Ce texte, tiré du Bulletin d’Infos politique des sénateurs socialistes hors de France no 13, est antérieur au 4 Octobre. Le passé est ici introduit par la rédaction.

 

 

Livres

 

LE LIBERALISME N'A PAS D'AVENIR

Big business, marchés et démocratie

 

De Guillaume Duval, Coll. Cahiers libres, éd. La découverte, 180 pages, 14 Euros, ISBN 2 7071 4103 8

Guillaume Duval est rédacteur en chef adjoint du mensuel Alternatives économiques. Il est l’auteur de L’entreprise efficace, la seconde vie du taylorisme (Syros, 2000).

 

« Sommes-nous condamnés à vivre désormais dans une société de marché ? Non, car contrairement à ce qu’affirment les libéraux, un tel avenir est très peu probable. Guillaume Duval montre combien le fonctionnement même du marché est dépendant d’un tissu de plus en plus dense de rapports non marchands. Et comment la concentration accélérée des entreprises réduit constamment le rôle du marché concurrentiel. Une concentration d’ailleurs souvent socialement utile, tant la concurrence coûte cher. Quant aux marchés financiers, leur caractère encore très concurrentiel est plus le signe de leur archaïsme que celui de leur modernité. Avec la crise récente, ils ont prouvé leur immaturité et leur incapacité à jouer le rôle central dans l'économie que les libéraux prétendaient leur confier.

La « société post-marché » qui se dessine ainsi ne garantit cependant aucun lendemain qui chante. Elle oblige à repenser les modes d’intervention du politique en économie dans un contexte où la généralisation du salariat bouscule le mouvement ouvrier et le schéma classique de la lutte des classes. L’auteur explore en particulier les moyens d’exercer un contrôle social effectif sur les grandes entreprises multinationales. Il plaide pour que la « responsabilité sociale des entreprises » devienne un des leviers privilégiés d’une profonde transformation démocratique du système économique. Un plaidoyer à la fois lucide et mobilisateur. »

Critique de Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, dans Alternatives économiques