BULLETIN

 

            ADFE-Athènes

 

            

 

Octobre-Novembre 2004

 

Et voilà, l’Amérique a voté. Elle a voté pour la Guerre de Georges W. Bush contre Ben Laden et sa bande… Une autre version de Superman contre les pirates. Elle a élu cette série contre celle de Kerry où le héros ne ressemble même pas à un cow-boy.

 

On aura donc ce genre de spectacle pendant longtemps. Il y aura l’épisode où Ben Laden ou un de ses sbires décapitera une pauvre jeune fille après l’avoir violée parce qu’elle ne sera pas voilée, la scène où il fera sauter dix tonnes de dynamite dans un marché de Baghdad, tuant d’un coup 500 Irakiens et celle où il menacera l’Amérique d’un feu céleste.

 

Il va sans dire que ce choix de distraction a l’avantage de ne pas laisser trop d’antenne pour des thèmes sur les chômeurs (qui, soit dit en passant pourront profiter des soldes sur l’opium provenant en abondance d’Afghanistan), la fuite des capitaux pour cause d’insolvabilité du pays (les superproductions avec vrai sang coûtent cher), la fuite aussi des cerveaux à la recherche de films de meilleur goût…

 

En attentant 100.000 figurants irakiens sont morts depuis l’invasion américaine (The Lancet, 29 octobre 2004) et on ne voit pas maintenant pourquoi ce nombre ne grandirait pas. En effet, les Américains sont obligés de rester en Irak tant qu’on leur tire dessus, et tuer des innocents, puisqu’il faut tirer de loin avec des armes intelligentes pour justifier les budgets militaires. Sinon ils perdent la guerre et leur prétention à l’hégémonie du monde. Mais on continuera toujours à leur tirer dessus tant qu’ils resteront puisqu’ils ont violé la Mère Patrie (en prétendant que ça lui ferait plaisir même si elle ne le dit pas) et il se trouvera toujours quelqu’un pour venger l’honneur perdu de la Patrie, quitte à manger des clous, du Coran ou des balles.

 

C’est pour les considérations ci-dessus que les peuples civilisés du monde avaient manifesté leur colère contre l’invasion. Aux Etats-Unis même, le peuple éclairé, on suppose celui même qui n’a pas voté pour Bush, avait joint sa voix contre la barbarie de cette guerre.

 

La résistance à l’occupation étrangère est légale au regard de la Charte des Nations Unies. Serons nous du coté du droit et de l’effort vers la civilisation ou de la force qui conduit de toutes façons à la barbarie ?

 

La rédaction

Sommaire

Page 1 : A la une

Page 2 : Nos rencontres ; La vie des Français de Grèce et de l’étranger : Assemblée Générale de l’ADFE à Paris

Page 4 : Vie politique : Nouveau traité de constitution européenne ; Les dernières de l’UE

Page 6 : Un peu d’histoires : Européen mieux que toi !

 

 

 

 

 

Rédaction

Frédéric BENDALI : 210 69 98 132 frej@otenet.gr

Tiana KRAUSS : 210 36 11 518 tjana@otenet.gr

Contacts avec l’ADFE-Athènes

Chantal PICHARLES : 210 60 13 848 chantalaki@aol.gr

Elisabeth CHALKIADAKIS : 210 61 25 061 ebourdon@hol.gr

Bernard JENKINS : 210 65 11 163 bjenkins@otenet.gr

Hélène TSIPOURIDOU: 697 77 77 825 hvernerey@yahoo.gr

Thessalonique: Françoise AVGERI: 2310 31 10 83 fravgeri@hotmail.com

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 


Nos rencontres

 

Le 25 Novembre à 20 heures au Lycée Franco-Hellénique aura lieu une soirée-débat ayant pour titre « LE BIEN COMMUN ET LES PRIVATISATIONS ». Le débat sera introduit par la projection d’une vidéo. Prendront part à la discussion des personnes d’ATTAC-Grèce, de l’ADFE et du monde des entreprises.

 

La vie des Français de Grèce et de l’étranger

Compte-rendu de l’Assemblée Générale de l’ADFE à Paris du 29.08.2004

LE 28 Août dernier Emmanuel Damigos a représenté les sections ADFE d Athènes et de Salonique a l’ Assemblée Générale 2004. L’ordre du jour, comme il a été modifié et effectivement déroulé, était le suivant :

8h 00

Accueil

8h 30

Ouverture par le président Guy Penne

Rapport d’activité

Rapport financier

10h 00

Ateliers sur l’Enseignement, la Protection Sociale, la Reforme Consulaire

12h 00

Rapports des Ateliers

15h 00

Discussions sur les Élections Sénatoriales

17h 30

Présentation des candidats au Conseil d’ Administration et Vote

 

La présentation du président de l’ ADFE a porté sur

·    Une information concernant la suppression probable du Sénat et le fait que ceci ne pourrait pas s’effectuer que si certaines de ses fonctions comme la représentation des Français de l’étranger, étaient reprises par le Parlement.

·    Une estimation sur le fait que l’AFE aura plus de pouvoir et sera moins une usine à papier que le CSFE qu’elle a remplacé.

·    Le besoin de réfléchir sur les lignes de développement de l’ ADFE et produire un papier à l’ ADFE pour envisager les développements futurs de l’Association.

!èLes sections de Grèce pourraient y réfléchir et proposer quelques lignes

·    L’incitation des participants par le Secrétaire Général, Renaud Andrieu, à communiquer nos problèmes et nos pensées, pour qu’il sache comment représenter les Français de l’étranger lors des différentes réunions.

·    Des voix qui se sont élevées contre les pratiques du PS, mais sans qu’il n’y ait aucune manifestation d’un représentant de la liste Butzbach, malgré sa candidature annoncée (!) et malgré des appels pour que quelqu’un de cette liste s’ exprime !

·    Des attaques personnelles, d’un « représentant de la gauche », Mr. Alvarez, contre Guy Penne, le tenant comme responsable pour des événements qui ont eu lieu, mais sans que l’on ait des preuves que Guy Penne était vraiment responsable ou que les événements aient vraiment eu lieu comme ils ont été présentés. Par la suite il y avait 3-4 versions différentes par plusieurs intervenants, pour chacun de ces événements. Les attaques ont été plus violentes que concrètes.

·    Une discussion sur une régulation du FORUM, car certains forumeurs (p.e. J.M. Langlet) ne respectent ni la personnalité de leurs interlocuteurs, ni le niveau de certains messages, ni un échange décent de messages. Monique Ben Guiga était favorable à une régulation, mais Guy Penne contre.

·    Une information sur le Cameroun, où l’Ambassadeur Vallet et le Consul Ferret (?)  font un travail hostile vis-à-vis des Camerounais avec la délivrance des visas, qui conduit au racket de ceux qui en demandent et fait monter la haine contre les Français et le soutien des Camerounais aux USA.

·    La nécessité d’un Colloque sur: « Quel enseignement du français à l’étranger »?

è! Sujet qui pourrait aussi être le sujet de discussions ou débat dans la section Grèce aussi

FONCTIONNEMENT DES ATELIERS

Atelier sur la Reforme Consulaire

La conclusion a été que la nécessité de la reforme consulaire est approuvée, mais que la méthode employée par le gouvernement est mauvaise. Pour cela l’ ADFE demandera à être associée à la reforme.

Atelier sur la Protection Sociale

-    Les CCPAS (Comités consulaires pour la Protection et l’ Acton Sociale) risquent de passer aux mains du privé.

-    Il faut effectuer un travail sur les retraites des doubles cotisants.

-    Concernant la Caisse des Français de l’Étranger et spécialement sa 3ème catégorie assisté : la cotisation est forte pour revenus faibles, donc nécessité de créer une 4ème catégorie

-    Comment créer une société de bienfaisance qui puisse remplacer les CCPAS

 

Atelier sur l’Enseignement :

Le représentant des sections de Grèce y a participé, ainsi le rapport est complet.

Les sujets discutés ont porté sur :

1. Le déconventionnement en Europe

2. Lettre de …… ?…… vers le Sénateur Ferrant (?)

è Où trouver de l’argent pour les Lycées ?

Après avoir entendu les problèmes des représentant des différents pays, qui portaient surtout sur des problèmes locaux et non pas sur des solutions globales, le représentant des sections de Grèce a posé la problématique ci-dessous :

Pour trouver de l’argent il faut que cela rapporte au donneur, autrement dit l’État ou les privés voudraient savoir ce qu’ils auraient en retour.

Alors, pourquoi faudrait-il un enseignement français à l’étranger?

1.       Pour éduquer les enfants des expatriés ?

2.       Pour promouvoir le français aux non-Français résidant dans le pays étranger et, ainsi, soutenir la francophonie?

3.       Pour faciliter les entreprises françaises à trouver du personnel parlant français et aussi créer par la diffusion de la langue française une tendance vers les produits français?

Si c’est le 1), il est de l’intérêt du Ministère de l’Éducation et il devrait financer.

Si c’est le 2), il est de l’intérêt du Ministère des Affaires Étrangères et il devrait financer.

Si c’est le 3), il est de l’intérêt des entreprises et elles devraient financer.

Si se sont les trois cas ci-dessus, alors un cofinancement semble équitable, sans que les écoles soient cogérées par les entreprises.

Donc, le financement du réseau des écoles françaises à l’étranger n’est pas une affaire simple, dont le financement revient aux obligations d’une institution public ou des privés, mais il doit s’inscrire dans une stratégie globale intégrant :

-    L’éducation des français de l’étranger,

-    la promotion du français comme langue internationale,

-    la facilitation du fonctionnement des entreprises françaises à l’étranger,

-    l’intérêt indirect des entreprises françaises pour conquérir un marché ce qui est plus facile lorsque le marché est francophone,

-    l’image de la France et du savoir faire de ses entreprises et de ses universités,

-    l’activité pour qu’il y ait plus d’une langue internationale, en plus de l’Anglais.

Les points ci-dessus ont été acceptés par l’Atelier sur l’Enseignement et ont été mis dans son rapport final comme ligne d’action pour l’ ADFE, qu’elle présentera au Sénat.

è ! La section Grèce pourrait

-          tracer des lignes d’actions sur les bases ci-dessus,

-          prendre des contacts avec les entreprises et les institutions françaises en Grèce,

-          organiser des rencontres sur le sujet,

-          faire une proposition en rapport à ce sujet lors du congrès de la Francophonie,

-          mobiliser les parents d’élèves et les autres Français de Grèce,

-          intéresser, ainsi, de façon active, beaucoup de personnes à son action.

Exemple des lycées d’Autriche :

Le personnel et les parents d’élèves ont collaboré dans le sens d’une qualité d’enseignement pouvant conduire à une réussite de 100% au bac.

Le lycée d’Autriche est ainsi devenu un lycée d’excellence, qui est subventionné par le Ministère de l’Éducation en tant que tel.

En plus des Français de France envoient leurs enfants en Autriche pour qu’ ils étudient au lycée et pour le prestige qu’ il offre en payant le prix fort, ce qui rempli les caisses du lycée.

è Une action de la section Grèce, dans le sens de la création d’un lycée d’excellence, semble-t-elle réalisable ?

Conclusions finales :

·          Qualité en baisse après le déconventionnement.

·          Salaires des employés dans les Instituts Français

·          Qui scolarise-t-on ?

·          Que l’ AEFE cherche des partenaires

·          Cofinancer avec le privé, mais pas cogérer

·          Que l’ ADFE se tourne vers des programmes Européens (Léonardo, …)

 

SÉNATORIALES 2006

·          Historique stérile de la façon dont les candidats aux sénatoriales précédentes ont été investis par l’ ADFE ou par le PS pour que la gauche se présente unie. Versions Guy Penne, Ben Guiga, Biarnés.

·          Guy Penne argumente pourquoi c’est le PS qui doit représenter l’ ADFE :

L’ ADFE a été créée sur l’initiative du PS, qui a convaincu les autres partis de la gauche qu’il faut attirer des voix de toute la gauche autour du noyau dur du PS, pour que le parti ait le plus grand nombre possible de sénateurs et élire un candidat face à Giscard. Tout ceci est régulé par la Charte de Cachan

·          Yung présente sa liste, ses orientations et ses engagements :

- Liste composé de 4 PS et 2 Divers Gauche (Villard et Maculan) 

- Yung veut siéger à la Commission des Affaires Économiques

- Il propose de partager le monde avec Ben Guiga pour avoir un meilleur contact avec les régions et limiter les voyages

- Créer un livre noir sur l’action du gouvernement

·          Un membre de la liste Butzbach a été appelé pour présenter ses orientations. Butzbach n’était pas présente, car elle était en vacances (en France). La salle s’agite contre l’attitude de la liste Butzbach. On appelle Capelli qui etait présent et second sur la liste de Butzbach. Capelli refuse d’expliquer les positions de la liste Butzbach car il n’était pas mandaté. On lui rappelle que Butzbach l’avait délégué comme représentant de la liste. Capelli a dit qu’il est le représentant seulement lorsqu’ il est mandaté par Butzbach ( !) et que pour l’AG il n’était pas mandaté de parler, parce que dans l’ordre du jour ne figurait pas la présentation des positions des listes !

·          Ben Guiga est excédée par le comportement de la liste Butzbach et condamne son absence de l’AG. Capelli dit que pour les listes on ne décide pas pendant l’AG, mais le 25 Septembre et donc la liste Butzbach n’a rien à communiquer aux participants à l’AG, mais seulement aux électeurs qui seront présents le 25 Septembre. La salle s’agite par ce comportement de refuser de faire connaître les positions de la liste aux participants à l’AG mais seulement aux électeurs, des dialogues sur le mépris que la liste Butzbach a envers les adhérents et sur le manque de transparence de cette liste s’engagent et des personnes qui le matin semblaient soutenir une seconde candidature quittent la salle.

·          Un représentant du PC propose de choisir 3 personnes de la liste du PS et 3 de la liste de Butzbach pour faire une seule liste et la personne qui aurait le plus de voix conduirait la liste.

·          On annonce que J.M. Langlet passe en correctionnel sur un rapport qui a était établit suite aux décisions de l’ ADFE Allemagne que son comportement nuit à l’image de l’ ADFE Allemagne et des plaintes de personnes insultées par lui dans le forum. Biarnés est contre la discussion sur des sanctions contre Langlet parce qu’ « il n’avait pas tué sa belle-mère ni sa femme » !

·          Vote sur la motion du PC où le représentant des sections Grèce a voté « Refus de Vote »

·          Vote pour le conseil d’Administration (12 candidatures pour 12 places)

Emmanuel Damigos

 

Vie politique

 

              Nouveau traité de Constitution Européenne

 

      Après la Commission, les Chefs d’états ou de gouvernements Européens ont donné leur accord –et même leur signature- au projet de Constitution préparé sous la présidence de Valery Giscard d’Estaing. Reste en suspens la ratification populaire voulue par certains pays dont le nôtre.  Le sujet a fait l’objet d’une présentation à notre Commission de l’Union Européenne de l’AFE le 8 Septembre par le Directeur du Service des Affaires européennes au Sénat, Monsieur Jean Laporte.  Pensant qu’elle peut vous intéresser, je vous donne ci-dessous mon rapport interne à l’ADFE. Ne vous attendez pas à une prise de position car, vu le cadre où a été développé cet effort objectif d’information des Français sur le projet de constitution, ses avancées et ses piétinements, toutes les sensibilités devaient être respectées . Le but  est de les aider à se faire une opinion et à comprendre l’importance de voter au référendum, autant ceux de l’Union européenne que ceux résidents en dehors, même si plusieurs ne sauront se prononcer sans avoir certains états d’âme. La répétition du manque d’intérêt qu’ils ont montré aux dernières élections du Parlement européen serait calamiteuse. Pour ma part je me permettrai seulement d’ajouter qu’en plus de quelques nouveautés certainement positives dans l’organisation fonctionnelle de l’Union, il y a un renforcement indéniable du pouvoir du Parlement donc, enfin, des voix de ses électeurs.

 

     Pour commencer M. Laporte souligne que ce projet de constitution n’est en fait qu’un traité entre Etats, comme bien d’autres, qui vient fusionner et améliorer ses précédents d’où son volume inusuel pour une constitution. Si elle n’est pas acceptée à l’unanimité, on revient à la case précédente, c’est-à-dire au traité de Nice, lequel ne satisfait véritablement personne.

 

    Il signale alors rapidement que la répartition des trois domaines de compétences de l’Union et des Etats membres – exclusives, partagées et cachées – y est mieux précisée. Mais à cette occasion, pour exemplifier une remarque personnelle et ne plus y revenir, sur le défaut inévitable de ne pouvoir entrer dans de trop nombreux détails, je note qu’à côté des seuls quatre domaines très généraux relevant originellement de la compétence exclusive de l’Union, on y a introduit partiellement la pêche (normalement du domaine des compétences partagées) « pour la conservation des ressources biologiques de la mer ». Ceci révèle sans doute un risque de voir l’Union (qui prétend par ailleurs s’en prémunir) se trouver conduite à  augmenter ses compétences exclusives , dans ce cas parce que le sujet donnait lieu à une fâcheuse rivalité entre Etats …mais ça ne va-t-il pas de se reproduire souvent ?

 

  Monsieur Laporte signale ensuite :

- La disparition des trois piliers, base des compétences dans Maastrich, remplacés par un seul ensemble aux procédures de décision plus homogènes.

- La dotation de la personnalité juridique à l’Union, autrefois limitée à la Communauté européenne (1er pilier)

- La modification du mode de décision à la majorité qualifiée qui passe de la double majorité des voix (attribuées par le traité de Nice à chaque Etat) et de celle des Etats membres, à la double majorité des Etats et de leurs poids démographiques additionnés.

- La nécessité de nombreuses réformes du système institutionnel de l’Union et de ses mécanismes, du fait de l’augmentation du nombre des participants (élargissement de l’UE), comme on verra plus loin.

- Le rôle de l’Union est renforcé dans les domaines de la sécurité et de la justice, de la politique commerciale commune, de la coopération et de l’aide humanitaire.

- Il reste discret dans les domaines économique et social, inexistant dans le fiscal.

- L’Union acquiert cependant quelques compétences en matière de santé et de protection  publique…

- La Charte des droits fondamentaux de l’Union est introduite dans le projet de constitution et l’adhésion à la convention européenne des droits de l’Homme est prévue.   

- La  possibilité  pour  le  Conseil  européen   statuant  à l’ unanimité  d’introduire des clauses passerelles permettant un vote à   la majorité qualifiée    pour des décisions graves  défiant  l’unanimité   normalement requise .        De même,   mais  en accord avec le Parlement, il peut prendre des mesures de flexibilité pour résoudre          le   problème     d’ objectifs                              constitutionnels                      non    prévus.

 

  M. Laporte en vient alors aux changements institutionnels essentiels, lesquels ne modifient pas, insiste-t-il, l’équilibre de l’exécutif entre tous les Etats membres ni celui de son « triangle institutionnel » : Conseil des ministres, Commission, Parlement européen :

 

- Le Conseil Européen, formé des chefs d’état ou de gouvernement, abandonne une présidence préréglée, tournant tous les 6 mois et devenue irréaliste pour 25 participants. Il élit désormais son président, à la majorité qualifiée pour 2 ans et demi, renouvelable une fois. Celui-ci doit être libre de tout mandat national.

 

- De même le Conseil (des ministres) -à ne pas confondre avec le précédent- abandonne une présidence unique analogue, la partage et la fait tourner pour plus d’un an de manière égalitaire par groupes de 3 états, à la tête des formations qui le composent sauf du conseil des Affaires étrangères de l‘Union présidé par un nouvel et important arrivant : le Ministre des Affaires étrangères de l’Union qui est nommé pour 5 ans par le Conseil Européen avec l’accord de la Commission. Celui-ci regroupe les diverses actions, autrefois éclatées, de relations extérieures et de politique étrangère – sécurité commune (PESC) dans le sens donné par le Conseil européen. De plus, il est de droit Vice-président de la Commission. L’ampleur de ses responsabilités et son long mandat en font un acteur essentiel de l’Union.

 

Pour la Commission, le Conseil européen sélectionne à la majorité qualifiée un candidat à sa présidence et le propose au Parlement qui l’élit, en principe pour la durée de son mandat (5 ans).

Ce président choisit les commissaires en prenant soin de traiter les Etats membres sur un strict pied d’égalité pour la présence de leurs nationaux dans la commission. Jusqu’en 2014 ceux-ci ne sont qu’un par Etat, puis les deux tiers du nombre des Etats par la suite, si bien qu’une législature sur trois, un pays n’aura pas de représentant au sein de la Commission, sauf disposition nouvelle entre temps.

Le Parlement, fort de 732 députés pour 25 pays actuellement (traité de Nice), ne devra jamais en comporter plus de 750. A bien souligner que ses pouvoirs législatifs et budgétaires sont très augmentés par la presque totale généralisation de son droit de codécision, à égalité avec le Conseil des Ministres.

Toute décision du Parlement devient obligatoire pour tous ses membres mais en vertu du principe de subsidiarité dans les domaines de compétence partagée, l’Union n’intervient que dans la mesure où le niveau de son action dépasse celui de l’Etat membre.

Pour non-application de ses obligations au respect des droits fondamentaux, un Etat membre peut se voir suspendu de ses droits de vote.

La Constitution prévoit qu’un Etat peut se retirer volontairement de l’Union, mais pas que l’Union puisse exclure un Etat de son sein.

Elle prévoit également que des Etats membres puissent instaurer entre eux une coopération renforcée dans le cadre des compétences non exclusives de l’Union à condition de réunir au moins un tiers des Etats membres. Leurs décisions sont prises par les membres du conseil des ministres des seuls Etats participant à cette coopération renforcée et ne sont liantes que pour ces derniers.

Enfin M. Laporte signale un dernier acteur nouveau dans l’exécutif de l’Union : le Président de l’Eurogroupe, ensemble des pays ayant adopté l’euro. Il est élu pour 2 ans et demi à la majorité simple des membres du groupe. Il est destiné à jouer un rôle capital de représentation de l’Eurogroupe dans les institutions financières internationales à côté de la Banque centrale européenne.

Bernard JENKINS

 

 

Les dernières de l’UE

 

-          Avant toute chose et pour demander la ratification du traité constitutionnel au Parlement français, qui se réunira à Versailles au printemps, Chirac doit tout d’abord –et donc très prochainement- obtenir l’avis du Conseil Constitutionnel sur sa conformité à la Constitution française.

 

-          Le problème est délicat car il ne concerne pas que de nouveaux abandons de souveraineté à inscrire dans la Constitution pour permettre l’extension de la majorité qualifiée aux dépens de l’unanimité dans des domaines tels que la justice, les affaires intérieures, la politique culturelle, les initiatives du (nouveau) Ministre des affaires étrangères de l’UE…Sujets normaux au plan légal, mais très controversés au niveau de l’électorat et de plusieurs élus.

 

-          Mais plus grave,  il  ose la question générale de la primauté du droit institutionnnel de l’UE sur le droit institutionnel des états-membres, primauté qui serait soumise « au respect des structures fondamentales politiques et constitutionnelles des états » d’après l’article 1-6 du projet constitutionnel, ou serait illimité selon son article 1-5. Dans ce dernier cas, par exemple, le principe de laïcité bien français serait sensiblement relativisé par la charte des droits fondamentaux, plus coulante, introduite dans le nouveau traité.

 

-          Seule chose sûre, l’organisation du référendum envisagé au second semestre de l’année prochaine ne sera pas un fleuve tranquille.

 

Bernard JENKINS

 

 

Un peu d’histoires

 

Européen mieux que toi !

 

L’Europe et l’Asie sont séparées au Sud-Est par un étroit chenal, le Bosphore, entre Constantinople (Istamboul, sur la rive européenne) et une de ses banlieues. Là, les cartographes sont contents : c’est clair et net comme frontière. Malheureusement cette frontière ne sépare rien, pas plus que  le chenal des Dardanelles, plus au Sud, et ce depuis toujours, depuis l’époque des Thraces, d’Hérodote, de Byzance et de l’Empire Ottoman. Et que dire des frontières plus à l’Est, celle de l’Oural, qui sépare la Russie d’un coté de la Russie de l’autre ? Et celle du Caucase, qui situe en Europe la Tchétchénie et la Kalmoukie, ce dernier pays habité par des mongols bouddhistes et qui exclut la Georgie, L’Arménie et l’Azerbaïdjan, pourtant membres du Conseil de l’Europe ?

 

Au vu de ce qui précède, l’argument purement géographique comme quoi la Turquie ne peut faire partie de l’Union Européenne parce qu’elle n’est pas assez en Europe n’est pas sérieux. On pourrait d’ailleurs changer la dénomination de l’Union (et l’appeler par exemple l’Union des Gens Très Bien) si l’argument géographique était le seul obstacle à cette adhésion.

 

En fait, la dénomination « Européenne » a un contenu culturel… Mais lequel ?

 

Est-ce une Union Chrétienne ? Mais dans ce cas les Bosniaques, les Albanais, les Juifs et les homosexuels n’y pourraient trouver place égale avec les Chrétiens. Est-ce une union de riches bien pensants ? C’est possible, et c’est peut être ce qui explique pourquoi on y refuse des pauvres qui se prétendent héritiers d’un empire mieux que nous !

 

Nous au moins, on ne nous a pas arraché l’Afrique, nous l’avons crachée vite fait après en avoir sucé toute la sève. Si l’Empire Ottoman avait fait aussi bien que nous avec ses pays soumis, peut être aurions nous accepté son rejeton avec tous les honneurs dus à une grande civilisation.

 

Frédéric