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BULLETIN ADFE-Athènes
Octobre-Novembre 2004 |
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Et voilà, l’Amérique a voté. Elle a voté pour la Guerre de Georges W. Bush contre Ben Laden et sa bande… Une autre version de Superman contre les pirates. Elle a élu cette série contre celle de Kerry où le héros ne ressemble même pas à un cow-boy.
On aura donc ce genre de spectacle pendant longtemps. Il y aura l’épisode où Ben Laden ou un de ses sbires décapitera une pauvre jeune fille après l’avoir violée parce qu’elle ne sera pas voilée, la scène où il fera sauter dix tonnes de dynamite dans un marché de Baghdad, tuant d’un coup 500 Irakiens et celle où il menacera l’Amérique d’un feu céleste.
Il va sans dire que ce choix de distraction a l’avantage de ne pas laisser trop d’antenne pour des thèmes sur les chômeurs (qui, soit dit en passant pourront profiter des soldes sur l’opium provenant en abondance d’Afghanistan), la fuite des capitaux pour cause d’insolvabilité du pays (les superproductions avec vrai sang coûtent cher), la fuite aussi des cerveaux à la recherche de films de meilleur goût…
En attentant 100.000 figurants irakiens sont morts depuis l’invasion américaine (The Lancet, 29 octobre 2004) et on ne voit pas maintenant pourquoi ce nombre ne grandirait pas. En effet, les Américains sont obligés de rester en Irak tant qu’on leur tire dessus, et tuer des innocents, puisqu’il faut tirer de loin avec des armes intelligentes pour justifier les budgets militaires. Sinon ils perdent la guerre et leur prétention à l’hégémonie du monde. Mais on continuera toujours à leur tirer dessus tant qu’ils resteront puisqu’ils ont violé la Mère Patrie (en prétendant que ça lui ferait plaisir même si elle ne le dit pas) et il se trouvera toujours quelqu’un pour venger l’honneur perdu de la Patrie, quitte à manger des clous, du Coran ou des balles.
C’est pour les considérations ci-dessus que les peuples civilisés du monde avaient manifesté leur colère contre l’invasion. Aux Etats-Unis même, le peuple éclairé, on suppose celui même qui n’a pas voté pour Bush, avait joint sa voix contre la barbarie de cette guerre.
La résistance à l’occupation étrangère est légale au regard de la Charte des Nations Unies. Serons nous du coté du droit et de l’effort vers la civilisation ou de la force qui conduit de toutes façons à la barbarie ?
La rédaction
Sommaire Page
1 : A la une Page
2 : Nos rencontres ; La vie des Français de Grèce
et de l’étranger : Assemblée
Générale de l’ADFE à Paris Page
4 : Vie politique : Nouveau
traité de constitution européenne ; Les dernières
de l’UE Page
6 : Un peu d’histoires : Européen
mieux que toi ! Rédaction Frédéric
BENDALI : 210 69 98 132 frej@otenet.gr
Tiana
KRAUSS : 210 36 11 518 tjana@otenet.gr Contacts avec l’ADFE-Athènes Chantal
PICHARLES : 210 60 13 848 chantalaki@aol.gr
Elisabeth
CHALKIADAKIS : 210 61 25 061 ebourdon@hol.gr
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TSIPOURIDOU: 697 77 77 825 hvernerey@yahoo.gr
Thessalonique: Françoise
AVGERI: 2310 31 10 83 fravgeri@hotmail.com
Nos rencontres
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La vie des Français de
Grèce et de l’étranger
Compte-rendu de l’Assemblée Générale de l’ADFE à Paris du 29.08.2004
LE 28 Août dernier
Emmanuel Damigos a représenté les sections ADFE d Athènes
et de Salonique a l’ Assemblée Générale 2004. L’ordre du
jour, comme il a été modifié et effectivement déroulé,
était le suivant :
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8h 00 |
Accueil |
|
8h 30 |
Ouverture par le président Guy Penne Rapport d’activité Rapport financier |
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10h 00 |
Ateliers sur l’Enseignement, la Protection Sociale,
la Reforme Consulaire |
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12h 00 |
Rapports des Ateliers |
|
15h 00 |
Discussions sur les Élections
Sénatoriales |
|
17h 30 |
Présentation des candidats au Conseil d’
Administration et Vote |
La
présentation du président de l’ ADFE a porté sur
·
Une
information concernant la suppression probable du Sénat et le fait que
ceci ne pourrait pas s’effectuer que si certaines de ses fonctions comme la
représentation des Français de l’étranger, étaient
reprises par le Parlement.
·
Une
estimation sur le fait que l’AFE aura plus de pouvoir et sera moins une usine
à papier que le CSFE qu’elle a remplacé.
· Le besoin de
réfléchir sur les lignes de développement de l’ ADFE et produire
un papier à l’ ADFE pour envisager les développements futurs de
l’Association.
!èLes sections de Grèce
pourraient y réfléchir et proposer quelques lignes
·
L’incitation
des participants par le Secrétaire Général, Renaud
Andrieu, à communiquer nos problèmes et nos pensées, pour
qu’il sache comment représenter les Français de l’étranger
lors des différentes réunions.
·
Des
voix qui se sont élevées contre les pratiques du PS, mais sans
qu’il n’y ait aucune manifestation d’un représentant de la liste Butzbach,
malgré sa candidature annoncée (!) et malgré des appels
pour que quelqu’un de cette liste s’ exprime !
·
Des
attaques personnelles, d’un « représentant de la gauche », Mr.
Alvarez, contre Guy Penne, le tenant comme responsable pour des
événements qui ont eu lieu, mais sans que l’on ait des preuves
que Guy Penne était vraiment responsable ou que les
événements aient vraiment eu lieu comme ils ont été
présentés. Par la suite il y avait 3-4 versions différentes
par plusieurs intervenants, pour chacun de ces événements. Les
attaques ont été plus violentes que concrètes.
·
Une
discussion sur une régulation du FORUM, car certains forumeurs (p.e.
J.M. Langlet) ne respectent ni la personnalité de leurs interlocuteurs,
ni le niveau de certains messages, ni un échange décent de
messages. Monique Ben Guiga était favorable à une
régulation, mais Guy Penne contre.
·
Une
information sur le Cameroun, où l’Ambassadeur Vallet et le Consul Ferret
(?) font un travail hostile
vis-à-vis des Camerounais avec la délivrance des visas, qui
conduit au racket de ceux qui en demandent et fait monter la haine contre les
Français et le soutien des Camerounais aux USA.
· La nécessité
d’un Colloque sur: « Quel enseignement du français à
l’étranger »?
è! Sujet qui pourrait aussi être
le sujet de discussions ou débat dans la section Grèce aussi
La conclusion a
été que la nécessité de la reforme consulaire est
approuvée, mais que la méthode employée par le
gouvernement est mauvaise. Pour cela l’ ADFE demandera à être
associée à la reforme.
- Les CCPAS (Comités
consulaires pour la Protection et l’ Acton Sociale) risquent de passer aux
mains du privé.
- Il faut effectuer un travail
sur les retraites des doubles cotisants.
- Concernant la Caisse des
Français de l’Étranger et spécialement sa 3ème
catégorie assisté : la cotisation est forte pour revenus
faibles, donc nécessité de créer une 4ème
catégorie
- Comment créer une
société de bienfaisance qui puisse remplacer les CCPAS
Atelier sur l’Enseignement :
Le
représentant des sections de Grèce y a participé, ainsi le
rapport est complet.
Les sujets discutés ont porté sur :
1. Le déconventionnement en Europe
2. Lettre de …… ?…… vers le Sénateur
Ferrant (?)
è Où trouver de l’argent pour les Lycées ?
Après
avoir entendu les problèmes des représentant des
différents pays, qui portaient surtout sur des problèmes locaux
et non pas sur des solutions globales, le représentant des sections de
Grèce a posé la problématique ci-dessous :
Pour trouver de l’argent il
faut que cela rapporte au donneur, autrement dit l’État ou les
privés voudraient savoir ce qu’ils auraient en retour.
Alors, pourquoi faudrait-il
un enseignement français à l’étranger?
1.
Pour
éduquer les enfants des expatriés ?
2.
Pour
promouvoir le français aux non-Français résidant dans le
pays étranger et, ainsi, soutenir la francophonie?
3.
Pour
faciliter les entreprises françaises à trouver du personnel
parlant français et aussi créer par la diffusion de la
langue française une tendance vers les produits français?
Si c’est le 1), il est de l’intérêt du Ministère de
l’Éducation et il devrait financer.
Si c’est le 2), il est de l’intérêt du
Ministère des Affaires Étrangères et il devrait financer.
Si c’est le 3), il est de l’intérêt des
entreprises et elles devraient financer.
Si se sont les trois cas ci-dessus,
alors un cofinancement semble équitable, sans que les écoles
soient cogérées par les entreprises.
Donc,
le financement du réseau des écoles françaises à
l’étranger n’est pas une affaire simple, dont le financement revient aux
obligations d’une institution public ou des privés, mais il doit
s’inscrire dans une stratégie globale intégrant :
- L’éducation des
français de l’étranger,
- la promotion du
français comme langue internationale,
- la facilitation du
fonctionnement des entreprises françaises à l’étranger,
- l’intérêt
indirect des entreprises françaises pour conquérir un
marché ce qui est plus facile lorsque le marché est francophone,
- l’image de la France et du
savoir faire de ses entreprises et de ses universités,
- l’activité pour qu’il
y ait plus d’une langue internationale, en plus de l’Anglais.
Les points ci-dessus ont été
acceptés par l’Atelier sur l’Enseignement et ont été mis
dans son rapport final comme ligne d’action pour l’ ADFE, qu’elle
présentera au Sénat.
è ! La section
Grèce pourrait
-
tracer
des lignes d’actions sur les bases ci-dessus,
-
prendre
des contacts avec les entreprises et les institutions françaises en
Grèce,
-
organiser
des rencontres sur le sujet,
-
faire
une proposition en rapport à ce sujet lors du congrès de la
Francophonie,
-
mobiliser
les parents d’élèves et les autres Français de
Grèce,
-
intéresser,
ainsi, de façon active, beaucoup de personnes à son action.
Exemple des lycées
d’Autriche :
Le personnel et les parents d’élèves ont
collaboré dans le sens d’une qualité d’enseignement pouvant
conduire à une réussite de 100% au bac.
Le lycée d’Autriche est ainsi devenu un
lycée d’excellence, qui est subventionné par le Ministère
de l’Éducation en tant que tel.
En plus des Français de France
envoient leurs enfants en Autriche pour qu’ ils étudient au lycée
et pour le prestige qu’ il offre en payant le prix fort, ce qui rempli les
caisses du lycée.
è Une action de la section
Grèce, dans le sens de la création d’un lycée
d’excellence, semble-t-elle réalisable ?
Conclusions
finales :
·
Qualité
en baisse après le déconventionnement.
·
Salaires
des employés dans les Instituts Français
·
Qui
scolarise-t-on ?
·
Que
l’ AEFE cherche des partenaires
·
Cofinancer
avec le privé, mais pas cogérer
·
Que
l’ ADFE se tourne vers des programmes Européens (Léonardo, …)
·
Historique
stérile de la façon dont les candidats aux sénatoriales
précédentes ont été investis par l’ ADFE ou par le
PS pour que la gauche se présente unie. Versions Guy Penne, Ben Guiga,
Biarnés.
·
Guy
Penne argumente pourquoi c’est le PS qui doit représenter l’ ADFE :
L’ ADFE a été créée sur l’initiative du PS,
qui a convaincu les autres partis de la gauche qu’il faut attirer des voix de
toute la gauche autour du noyau dur du PS, pour que le parti ait le plus grand
nombre possible de sénateurs et élire un candidat face à
Giscard. Tout ceci est régulé par la Charte de Cachan
·
Yung
présente sa liste, ses orientations et ses engagements :
- Liste composé de 4 PS et 2 Divers Gauche (Villard
et Maculan)
- Yung veut siéger à la Commission des
Affaires Économiques
- Il propose de partager le monde avec Ben Guiga pour
avoir un meilleur contact avec les régions et limiter les voyages
- Créer un livre noir sur l’action du gouvernement
·
Un
membre de la liste Butzbach a été appelé pour
présenter ses orientations. Butzbach n’était pas présente,
car elle était en vacances (en France). La salle s’agite contre
l’attitude de la liste Butzbach. On appelle Capelli qui etait présent et
second sur la liste de Butzbach. Capelli refuse d’expliquer les positions de la
liste Butzbach car il n’était pas mandaté. On lui rappelle que
Butzbach l’avait délégué comme représentant de la
liste. Capelli a dit qu’il est le représentant seulement lorsqu’ il est
mandaté par Butzbach ( !) et que pour l’AG il n’était pas
mandaté de parler, parce que dans l’ordre du jour ne figurait pas la
présentation des positions des listes !
·
Ben
Guiga est excédée par le comportement de la liste Butzbach et condamne
son absence de l’AG. Capelli dit que pour les listes on ne décide pas
pendant l’AG, mais le 25 Septembre et donc la liste Butzbach n’a rien à
communiquer aux participants à l’AG, mais seulement aux électeurs
qui seront présents le 25 Septembre. La salle s’agite par ce
comportement de refuser de faire connaître les positions de la liste aux
participants à l’AG mais seulement aux électeurs, des dialogues
sur le mépris que la liste Butzbach a envers les adhérents et sur
le manque de transparence de cette liste s’engagent et des personnes qui le
matin semblaient soutenir une seconde candidature quittent la salle.
·
Un
représentant du PC propose de choisir 3 personnes de la liste du PS et 3
de la liste de Butzbach pour faire une seule liste et la personne qui aurait le
plus de voix conduirait la liste.
·
On
annonce que J.M. Langlet passe en correctionnel sur un rapport qui a
était établit suite aux décisions de l’ ADFE Allemagne que
son comportement nuit à l’image de l’ ADFE Allemagne et des plaintes de
personnes insultées par lui dans le forum. Biarnés est contre la
discussion sur des sanctions contre Langlet parce qu’ « il n’avait pas
tué sa belle-mère ni sa femme » !
·
Vote
sur la motion du PC où le représentant des sections Grèce
a voté « Refus de Vote »
·
Vote
pour le conseil d’Administration (12 candidatures pour 12 places)
Emmanuel Damigos
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Vie politique
Après la
Commission, les Chefs d’états ou de gouvernements Européens ont
donné leur accord –et même leur signature- au projet de
Constitution préparé sous la présidence de Valery Giscard
d’Estaing. Reste en suspens la ratification populaire voulue par certains pays
dont le nôtre. Le sujet a fait
l’objet d’une présentation
à notre Commission de l’Union Européenne de l’AFE le 8
Septembre par le Directeur du Service des Affaires européennes au
Sénat, Monsieur Jean Laporte. Pensant qu’elle peut vous intéresser,
je vous donne ci-dessous mon rapport interne à l’ADFE. Ne vous attendez
pas à une prise de position car, vu le cadre où a
été développé cet effort objectif d’information des
Français sur le projet de constitution, ses avancées et ses
piétinements, toutes les sensibilités devaient être
respectées . Le but est de les
aider à se faire une opinion et à comprendre l’importance de
voter au référendum, autant ceux de l’Union
européenne que ceux résidents en dehors, même si plusieurs
ne sauront se prononcer sans avoir certains états d’âme. La
répétition du manque d’intérêt qu’ils ont montré
aux dernières élections du Parlement européen serait
calamiteuse. Pour ma
part je me permettrai seulement d’ajouter qu’en plus de quelques nouveautés
certainement positives dans l’organisation fonctionnelle de l’Union,
il y a un renforcement indéniable du pouvoir du Parlement donc, enfin,
des voix de ses électeurs.
Pour commencer M. Laporte souligne que ce projet de constitution n’est
en fait qu’un traité entre Etats, comme bien d’autres, qui vient
fusionner et améliorer ses précédents d’où son
volume inusuel pour une constitution. Si elle n’est pas acceptée
à l’unanimité, on revient à la case
précédente, c’est-à-dire au traité de Nice, lequel
ne satisfait véritablement personne.
Il signale alors rapidement que la répartition des trois domaines
de compétences de l’Union et des Etats membres – exclusives,
partagées et cachées – y est mieux précisée. Mais
à cette occasion, pour exemplifier une remarque personnelle et ne plus y
revenir, sur le défaut inévitable de ne pouvoir entrer dans de
trop nombreux détails, je note qu’à côté des seuls
quatre domaines très généraux relevant originellement de
la compétence exclusive de l’Union, on y a introduit partiellement la pêche
(normalement du domaine des compétences partagées) « pour la
conservation des ressources biologiques de la mer ». Ceci
révèle sans doute un risque de voir l’Union (qui prétend
par ailleurs s’en prémunir) se trouver conduite à augmenter ses compétences exclusives
, dans ce cas parce que le sujet donnait lieu à une fâcheuse
rivalité entre Etats …mais ça ne va-t-il pas de se
reproduire souvent ?
Monsieur Laporte signale ensuite :
- La disparition des trois piliers,
base des compétences dans Maastrich, remplacés par un seul
ensemble aux procédures de décision plus homogènes.
- La dotation de la personnalité
juridique à l’Union, autrefois limitée à la
Communauté européenne (1er pilier)
- La modification du mode de
décision à la majorité qualifiée qui passe
de la double majorité des voix (attribuées par le traité
de Nice à chaque Etat) et de celle des Etats membres, à la double
majorité des Etats et de leurs poids démographiques
additionnés.
- La nécessité de
nombreuses réformes du système institutionnel de l’Union et de
ses mécanismes, du fait de l’augmentation du nombre des participants (élargissement
de l’UE), comme on verra plus loin.
- Le rôle de l’Union est
renforcé dans les domaines de la sécurité et de la
justice, de la politique commerciale commune, de la coopération et de
l’aide humanitaire.
- Il reste discret dans les
domaines économique et social, inexistant dans le fiscal.
- L’Union acquiert cependant
quelques compétences en matière de santé et de
protection publique…
- La Charte des droits fondamentaux de
l’Union est introduite dans le projet de constitution et
l’adhésion à la convention européenne des droits de
l’Homme est prévue.
- La
possibilité pour le
Conseil européen statuant
à l’ unanimité
d’introduire des clauses passerelles permettant un vote
à la majorité
qualifiée pour des
décisions graves défiant l’unanimité normalement requise . De même,
mais en accord avec le
Parlement, il peut prendre des mesures de flexibilité pour
résoudre le problème d’ objectifs constitutionnels non prévus.
M. Laporte en vient alors aux changements
institutionnels essentiels, lesquels ne modifient pas, insiste-t-il,
l’équilibre de l’exécutif entre tous les Etats membres ni celui
de son « triangle institutionnel » : Conseil des
ministres, Commission, Parlement européen :
- Le Conseil Européen, formé des chefs
d’état ou de gouvernement, abandonne une présidence
préréglée, tournant tous les 6 mois et devenue
irréaliste pour 25 participants. Il élit désormais son président,
à la majorité qualifiée pour 2 ans et demi,
renouvelable une fois. Celui-ci doit être libre de tout mandat national.
- De même le Conseil (des
ministres) -à ne pas confondre avec le précédent-
abandonne une présidence unique analogue, la partage et la fait tourner
pour plus d’un an de manière égalitaire par groupes de 3
états, à la tête des formations qui le composent sauf du
conseil des Affaires étrangères de l‘Union présidé
par un nouvel et important arrivant : le Ministre des Affaires
étrangères de l’Union qui est nommé pour 5 ans
par le Conseil Européen avec l’accord de la Commission.
Celui-ci regroupe les diverses actions, autrefois éclatées, de
relations extérieures et de politique étrangère –
sécurité commune (PESC) dans le sens donné par le Conseil
européen. De plus, il est de droit Vice-président de la
Commission. L’ampleur de ses responsabilités et son long mandat en
font un acteur essentiel de l’Union.
Pour la Commission, le
Conseil européen sélectionne à la majorité
qualifiée un candidat à sa présidence et le
propose au Parlement qui l’élit, en principe pour la durée
de son mandat (5 ans).
Ce président choisit les commissaires
en prenant soin de traiter les Etats membres sur un strict pied
d’égalité pour la présence de leurs nationaux dans la
commission. Jusqu’en 2014 ceux-ci ne sont qu’un par Etat, puis
les deux tiers du nombre des Etats par la suite, si bien qu’une
législature sur trois, un pays n’aura pas de représentant au sein
de la Commission, sauf disposition nouvelle entre temps.
Le Parlement,
fort de 732 députés pour 25 pays actuellement (traité de
Nice), ne devra jamais en comporter plus de 750. A bien souligner que ses pouvoirs
législatifs et budgétaires sont très augmentés
par la presque totale généralisation de son droit de codécision,
à égalité avec le Conseil des Ministres.
Toute
décision du Parlement devient obligatoire pour tous ses membres mais en
vertu du principe de subsidiarité dans les domaines de compétence
partagée, l’Union n’intervient que dans la mesure où le niveau de
son action dépasse celui de l’Etat membre.
Pour non-application
de ses obligations au respect des droits fondamentaux, un Etat membre peut se
voir suspendu de ses droits de vote.
La Constitution
prévoit qu’un Etat peut se retirer volontairement de l’Union,
mais pas que l’Union puisse exclure un Etat de son sein.
Elle prévoit
également que des Etats membres puissent instaurer entre eux une coopération
renforcée dans le cadre des compétences non exclusives de
l’Union à condition de réunir au moins un tiers des Etats
membres. Leurs décisions sont prises par les membres du conseil des
ministres des seuls Etats participant à cette coopération
renforcée et ne sont liantes que pour ces derniers.
Enfin M. Laporte
signale un dernier acteur nouveau dans l’exécutif de l’Union : le Président
de l’Eurogroupe, ensemble des pays ayant adopté l’euro. Il
est élu pour 2 ans et demi à la majorité simple des
membres du groupe. Il est destiné à jouer un rôle capital
de représentation de l’Eurogroupe dans les institutions
financières internationales à côté de la Banque
centrale européenne.
Bernard JENKINS
Les dernières de l’UE
-
Avant toute chose et pour demander
la ratification du traité constitutionnel au Parlement français, qui se réunira à
Versailles au printemps, Chirac doit tout d’abord –et donc très
prochainement- obtenir l’avis du Conseil Constitutionnel sur sa
conformité à la Constitution française.
-
Le problème est
délicat car il ne concerne pas que de nouveaux abandons de
souveraineté à inscrire dans la Constitution pour permettre
l’extension de la majorité qualifiée aux dépens de
l’unanimité dans des domaines tels que la justice, les affaires
intérieures, la politique culturelle, les initiatives du (nouveau)
Ministre des affaires étrangères de l’UE…Sujets normaux au plan
légal, mais très controversés au niveau de
l’électorat et de plusieurs élus.
-
Mais plus grave, il
ose la question générale de la primauté du droit
institutionnnel de l’UE sur le droit institutionnel des
états-membres, primauté qui serait soumise « au respect des
structures fondamentales politiques et constitutionnelles des
états » d’après l’article 1-6 du projet constitutionnel, ou
serait illimité selon son article 1-5. Dans ce dernier cas, par exemple,
le principe de laïcité bien français serait sensiblement
relativisé par la charte des droits fondamentaux, plus coulante,
introduite dans le nouveau traité.
-
Seule chose sûre,
l’organisation du référendum envisagé au second semestre
de l’année prochaine ne sera pas un fleuve tranquille.
Bernard JENKINS
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Un peu d’histoires
Européen
mieux que toi !
L’Europe et l’Asie sont
séparées au Sud-Est par un étroit chenal, le Bosphore,
entre Constantinople (Istamboul, sur la rive européenne) et une de ses
banlieues. Là, les cartographes sont contents : c’est clair et net
comme frontière. Malheureusement cette frontière ne sépare
rien, pas plus que le chenal des
Dardanelles, plus au Sud, et ce depuis toujours, depuis l’époque des
Thraces, d’Hérodote, de Byzance et de l’Empire Ottoman. Et que dire des
frontières plus à l’Est, celle de l’Oural, qui sépare la
Russie d’un coté de la Russie de l’autre ? Et celle du Caucase, qui
situe en Europe la Tchétchénie et la Kalmoukie, ce dernier pays
habité par des mongols bouddhistes et qui exclut la Georgie,
L’Arménie et l’Azerbaïdjan, pourtant membres du Conseil de
l’Europe ?
Au vu de ce qui précède,
l’argument purement géographique comme quoi la Turquie ne peut faire
partie de l’Union Européenne parce qu’elle n’est pas assez en Europe
n’est pas sérieux. On pourrait d’ailleurs changer la dénomination
de l’Union (et l’appeler par exemple l’Union des Gens Très Bien) si
l’argument géographique était le seul obstacle à cette
adhésion.
En fait, la dénomination
« Européenne » a un contenu culturel… Mais lequel ?
Est-ce une Union
Chrétienne ? Mais dans ce cas les Bosniaques, les Albanais, les
Juifs et les homosexuels n’y pourraient trouver place égale avec les
Chrétiens. Est-ce une union de riches bien pensants ? C’est
possible, et c’est peut être ce qui explique pourquoi on y refuse des
pauvres qui se prétendent héritiers d’un empire mieux que
nous !
Nous au moins, on ne nous a pas
arraché l’Afrique, nous l’avons crachée vite fait après en
avoir sucé toute la sève. Si l’Empire Ottoman avait fait aussi
bien que nous avec ses pays soumis, peut être aurions nous accepté
son rejeton avec tous les honneurs dus à une grande civilisation.
Frédéric
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